Archive pour le ‘Ateliers’ Tag

Les diaporamas sont en ligne :)

Vous les avez réclamés : les diaporamas des intervenants sont accessibles ici (tout n’étant pas communicable). La présentation de Mme Placidi sur l’environnement juridique sera en ligne d’ici à la fin de la semaine (traitement du format).

Bonne (re)lecture !

Hugues

Atelier Interagir avec les citoyens

L’atelier “Interagir avec les citoyens”, animé par Marc de Fouchécour, a été l’occasion d’une présentation par Gaëlle Malgorn de la démarche de la Ville de Brest en matière d’expression citoyenne.

L’entrée en matière s’est faite par un premier exercice qui a consisté à faire réagir la salle au titre de l’atelier. Les propositions ont été nombreuses et les termes employés plutôt positifs (échange, concertation, coproduction, qualité, créativité, rencontre, idées, interactivité, etc.) même si la tension, le frottement qui existent lors des interactions étaient également cités (contestation, conflit, interpellation).

Gaëlle Malgorn, du service démocratie locale et citoyenneté de la Ville de Brest, a présenté les sites http://www.participation-brest.net/ et http://www.wiki-brest.net/.

Participation à Brest est un site qui dispose de trois entrées différentes, issues des structures sur lesquelles le projet s’est appuyé lors de son lancement :

- Initiatives (des habitants), est une rubrique qui s’est construite initiallement autour des journeaux de quartiers, et qui permet de présenter paroles, récits, expériences ou encore initiatives de citoyens.

- Conseils de quartier, permet d’avoir accès aux compte-rendus des conseils et à des forums.

- Jeunes et enfants, liste les actions proposées par les structures de quartier pendant la semaine des droits de l’enfant organisée chaque année en novembre, et met à disposition des témoignages de délégués de classe.

Wiki-Brest donne la parole aux habitants pour témoigner, s’exprimer sur leur quartier, le raconter à travers des photos. Au départ, le wiki n’a été qu’un empilement de billets. Ils n’ont été structurés que dans un second temps.

Ce qui est assez marquant, c’est l’ensemble de la démarche déployée par la Ville de Brest pour soutenir l’écrit public : points d’accès publics à Internet, formations à l’écriture journalistique, à l’écriture sous spip, animation de wiki-brest par une personne à temps plein qui propose aux organisateurs de manifestations, rencontres ou fêtes de prendre le temps de présenter leur projet et d’en témoigner via le wiki, organisation tous les deux ans d’une manifestation de deux jours appelée Ecrits Ecrans Publics destinée aux acteurs brestois (et bretons) de l’expression multimédia pour les relier aux multiples initiatives autour de l’histoire et des collectes de mémoire.

Les facteurs de réussite identifiés sont :

- la présence d’acteurs locaux dynamiques et motivés sur lesquels s’appuyer ;

- l’existance d’un réseau des points d’accès publics à Internet ;

- la volonté politique ;

- l’accompagnement par les services de la Ville.

Cette présentation s’est avérée très intéressante, mais limitée, de par son sujet même. En effet, la Ville de Brest fait en sorte de créer les conditions d’une expression citoyenne, mais ne franchit pas encore le pas de l’interaction. Peut-être même que l’expression citoyenne n’a pas été pensée à l’origine dans une perspective d’interaction, mais plutôt comme l’écriture au fil de l’eau de l’histoire brestoise par ses habitants.

La seconde présentation, faite par Marc de Fouchécour, a plus été centrée sur les principes (et les écueils) du web 2.0. Il débute par un défi : “Vous êtes un agent du ministère de l’éducation indien et vous devez apprendre aux habitants d’un village à se servir d’Internet et à utiliser l’anglais. Comment vous y prenez-vous ?”

Après quelques tentatives de réponse dans la salle, il livre le fin mot de l’histoire (car il s’agit bien entendu d’une histoire vraie). L’agent en question a scellé dans un mur un écran et un touchpad et a laissé le système connecté à disposition des habitants. Ce sont les enfants qui, en tatonnant et en s’informant mutuellement de leurs découvertes, ont progressivement compris le fonctionnement. En 3 mois, ils connaissaient 300 mots d’anglais et savaient utiliser blogs, forums, etc.

Ce sont des phénomènes d’émergence, similaires à l’auto-formation des enfants indiens, qui sont au cœur du web 2.0 : de nombreux participants, un système simple, du temps pour laisser le système fonctionner et au final on arrive à quelque chose qui à du sens. C’est à l’image également de la stratégie de la fourmilière pour se nourrir : des fourmis explorent leur territoire sans rien faire d’autre que laisser des traces de phéromones, les fourmis qui trouvent de la nourriture, plus lourdes, laissent des traces chimiques plus marquées, vers lesquelles convergent progressivement les autres fourmis en renforçant le phénomène.

Marc de Fouchécour caractérise par quelques termes l’interaction avec les citoyens à l’heure du web 2.0 : le nombre, l’ouverture au monde, la transparence, la vitesse, la liberté (où l’on passe de la permission comme préalable à l’action au pardon en cas de fausse maneuvre), ou encore l’effacement des frontières entre vie professionnelle et vie privée.

Il alerte de manière similaire sur les risques : le culte de l’amateur (cf. andrew keen), big brother is watching you, le temps perdu, le désordre, le spam, le conformisme, ainsi que les fractures.

Les échanges avec la salle ont ensuite porté sur le lieu du débat avec les habitants. Marc de Fouchécour a souligné l’intérêt de l’expérience brestoise dans sa distance par rapport au site institutionnel de la ville. Il a appuyé la stratégie consistant à mettre en place une infrastructure (les moyens de faire) sans chercher à canaliser ou à imposer une forme ou un contenu.

Une dernière intervention de la salle a souligné l’envie de citoyens de participer à la conception des projets de ville, le manque d’outils rendant possible cette co-élaboration entre une collectivité locale et ses habitants, et la crainte probable d’élus de se voir déssaisis de leurs prérogatives (selon moi, les freins seront plus à chercher du côté des professionnels, experts, techniciens, architectes, urbanistes, que des élus). L’interaction avec les citoyens autour des projets de la ville semble être effectivement un enjeu important pour une démocratie locale plus (inter)active, et il semble que les outils restent à inventer.

Brendan

Responsabilité juridique : les charmes de la LCEN

R.Placidi en action

R.Placidi en action

Parmi les ateliers programmés lors du Cap Com Net, l’un des moins glamours a priori aurait pu être celui de la responsabilité juridique. Et pourtant, Rolande Placidi, avocate du cabinet lyonnais Vedesi, a réussi ce qui semblait a priori difficile : tenir en éveil une assemblée de communicants à l’heure de la digestion, en rendant intéressante la présentation de la Loi de Confiance en l’Economie Numérique du 21 Juin 2004, la LCEN pour les intimes.

Ce qu’il faut retenir de cet atelier :
La LCEN instaure un droit spécifique de l’internet, et distingue deux types d’acteurs du web , les hébergeurs (prestataires techniques) et les éditeurs de services (par exemple, les collectivités territoriales). Ce qui établit deux niveaux de responsabilités différents:
- les hébergeurs ne sont plus a priori responsables civilement de tous les contenus hébergés par leurs soins. En revanche, dès lors qu’ils ont connaissance de contenus illicites, ils doivent prendre les mesures appropriées.
- les éditeurs sont quant à eux responsables des contenus publiés sur leurs sites : à ce titre, il est important de souligner que tout site doit afficher le nom de son directeur de publication, de son responsable éditorial, et les coordonnées de son hébergeur. Tout éditeur doit veiller au respect des droits d’auteurs (attention aux contrats de cession de droits et au droit à l’image !). Une attention particulière doit d’ailleurs être portée aux esquisses d’architecte, dont les auteurs n’ont pas forcément autorisé une publication tous supports…

Le problème, car il y en a, est que la loi laisse la place à des interprétations et des jurisprudences différentes. Témoin, notamment, le cas Fuzz : l’hébergeur a été considéré comme éditeur, dans la mesure où un choix éditorial avait été fait, agrégeant des flux rss de différentes origines, ceux-ci ayant pour point commun un intérêt marqué pour la vie amoureuse et privée d’un certain acteur français et d’une certaine chanteuse australienne (voir ici ).

Concrètement, pour une collectivité territoriale hébergeant des blogs de quartier, des wikis, des sites de conseils de quartier, ceci implique une attention forte portée aux contenus publiés, un point souligné avec d’autant plus de force par l’intervenante que celle-ci a été, dans une vie antérieure, attachée dans une collectivité territoriale et confrontée à des cas de figure similaires. Petit conseil : élaborer une charte des bonnes pratiques, et la faire signer par toutes les personnes susceptibles de publier sur ces outils. Attention
également aux liens pointant du site de la collectivité vers d’autres sites, notamment d’associations : les règles de choix des liens doivent être annoncées clairement en amont, et le contenu des sites vers lesquels on pointe, évalués.

Enfin, il existe aussi sur internet un droit des minorités à être publiées : dans la mesure où le site internet de la collectivité présente des informations générales sur la ville, les grands dossiers de la politique municipale, cela ouvre droit à l’expression des élus de l’opposition sur le web.

D.Kergosien